LE GRAND TEMOIN DU MOIS :  Victor Fournier, conseiller municipal de Fécamp et expert en politiques publiques

Question :  Il reste six mois avant les élections municipales. Quelles sont, selon vous, les ultimes actions qu’une municipalité peut encore mettre en œuvre dans ce court laps de temps ?

Victor Fournier

Six mois, c’est court pour transformer en profondeur une ville, mais suffisant pour envoyer des signaux forts et poser des fondations utiles. Après un été marqué par des canicules intenses, les municipalités doivent agir vite sur trois leviers : l’adaptation des espaces publics (en multipliant l’ombre, les points d’eau, la végétalisation temporaire), la protection des plus fragiles (renforcement des dispositifs d’alerte et de suivi sanitaire pour les personnes âgées, isolées, ou vivant dans des logements mal adaptés), et enfin la sensibilisation citoyenne (campagnes pratiques sur la gestion de l’eau, l’énergie, et la prévention des risques climatiques). Ce sont des mesures d’urgence, visibles, qui préparent aussi le terrain pour les équipes suivantes.

Question : Tirant les leçons de l’été que nous venons de vivre, quelles priorités écologiques les futurs élus devraient-ils, selon vous, se fixer pour le mandat 2026-2032 ?

Victor Fournier

La priorité numéro un, c’est l’adaptation climatique. Nous devons accepter que nos villes et villages vont être durablement exposés aux canicules, aux sécheresses et aux épisodes pluvieux violents. Cela implique un urbanisme repensé : désimperméabiliser les sols, renaturer les cœurs de ville, renforcer les continuités écologiques. La deuxième priorité, c’est la sobriété énergétique : il faut réduire la consommation, équiper les bâtiments publics en solutions sobres et durables, et favoriser l’autoproduction locale d’énergie. Enfin, la troisième, c’est la justice sociale de la transition : les politiques écologiques ne doivent pas aggraver les inégalités mais au contraire protéger les plus vulnérables, en matière de logement, de mobilité ou d’accès à une alimentation saine.

Question : Un mot pour les futurs candidats aux élections municipales ?

Victor Fournier

Je leur dirais : ne promettez pas seulement, engagez-vous à faire. L’écologie n’est plus un supplément d’âme, c’est la condition même de la résilience de nos territoires. Entre 2026 et 2032, chaque mandat local sera jugé à l’aune de sa capacité à préparer la population aux bouleversements climatiques. Les citoyens n’attendent pas des discours mais des résultats concrets : des rues plus fraîches, des logements mieux isolés, des transports plus accessibles et des ressources mieux préservées. Le temps n’est plus à la transition “progressive”, mais à l’action déterminée.

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